anniversaire du pontificat de Pie XII, deux événements

Posté par religieux le 30 juin 2009

A l’occasion du 50e anniversaire du pontificat de Pie XII, Eugenio Pacelli, disparu le 9 octobre 1958, deux événements – un congrès et une exposition photographique -  ont été présentés au Vatican mardi dernier, 17 juin par les recteurs de l’université du Latran et de la Grégorienne, Mgr Rino Fisichella, et le P. Gianfranco Ghirlanda, sj, par Mgr Walter Brandmüller, président du Comité pontifical des sciences historiques, par le prof. Giovanni Maria Vian, directeur de L’Osservatore Romano, et par le président de la Fondation pour les Biens et les Activités artistiques de l’Eglise, M. Giovanni Morello.

Le congrès, consacré au magistère de Pie XII, aura lieu du 6 au 8 novembre 2008, sous l’égide des universités pontificales Grégorienne et du Latran, du 6 au 8 novembre 2008.

L’exposition sera consacrée à « Pie XII, l’homme et le pontificat ». Elle sera ouverte du 21 octobre 2008 au 6 janvier 2009, au Vatican dans le « Bras de Charlemagne », c’est-à-dire du côté gauche de la colonnade du Bernin.

Le magistère de Pie XII s’est distingué, a expliqué Mgr Brandmüller, « par l’ampleur et l’actualité des thèmes, et par la profondeur théologique ».

« Etant donné que l’historiographie décrit et interprète les papes et les pontificats trop souvent en clef plutôt politique, notre intention est de mettre en évidence la vraie dimension du ministère pétrinien, qui, par nature, ne peut être que celle du Pasteur suprême, c’est-à-dire l’annonce de la vérité de l’Evangile du Christ et le guide spirituel de l’Eglise », a-t-il dit.

En répondant à la presse, Mgr Brandmüller a précisé, à propos de la documentation vaticane jusqu’ici disponible sur le pontificat du pape Pacelli, qu’il faudrait aussi consulter, avec les autres archives étrangères, également les archives israéliennes ». Mais « il n’a pas évoqué leur accessibilité pour les chercheurs », précise le Vatican, dans un communiqué désamorçant un début de polémique en Italie. Mgr Brandmüller avait d’ailleurs déjà abordé la question dans un article de la revue « Die Neue Ordnung » (N. 5/2001, p. 378).

L’enseignement de Pie XII, « profond et prophétique », a souligné pour sa part le recteur du Latran, se trouve dans ses 43 encycliques, et ses très nombreux discours dans lesquels « il a affronté les thèmes les plus controversés de l’époque ».

« C’est un fait incontournable : dans la vie de Pie XII, différentes situations historiques de grande signification confluent. Qu’on pense aux deux guerres mondiales, au génocide des juifs, à l’occupation communiste de différentes nations chrétiennes, à la Guerre froide, aux nouvelles conquêtes des sciences, aux innovations de certaines écoles théologiques, et l’énumération pourrait être longue. De nombreux aspects ont déjà été étudiés et la littérature est sous les yeux de tous. Ce qui reste, qui nous est apparu comme restant encore inconnu sous différents aspects, c’est l’influence de Pie XII sur le concile Vatican II ».

Le P. Ghirlanda précise que le congrès prévoit un « dialogue » entre les textes de Pie XII et les textes de Vatican II.

Pour ce qui concerne l’exposition photographique, M. Morello a précisé qu’elle suivra le déroulement de la biographie du pape, à travers des images, inédites pour beaucoup, des documents, des objets personnels, des cadeaux et des vêtements, qui reconstruiront la jeunesse, la formation, la carrière diplomatique à la secrétairerie d’Etat, les missions à Munich et à Berlin, le retour au Vatican, l’élection et le pontificat. 

Mgr Brandmüller a conclu : « ce que nous espérons de cette commémoration solennelle d’un si grand pape, c’est qu’elle puisse offrir le point d’appui pour des recherches approfondies ultérieures, sans préjugés sur son action et à partir des archives du Vatican ».

Anita S. Bourdin

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L’actualité d’Humanae Vitae, par le P. Alain Mattheeuws

Posté par religieux le 30 juin 2009

A l’occasion du 40e anniversaire de la promulgation de l’encyclique de Paul VI, « Humanae vitæ » (25 juillet1968), le P. Alain Mattheeuws, jésuite belge, revient en effet sur l’importance de ce document du magistère.

Après avoir défendu sa thèse en théologie morale à l’Institut Catholique de Toulouse, le P. Mattheeuws est devenu professeur ordinaire de théologie morale et sacramentaire à la Faculté de Théologie de la Compagnie de Jésus à Bruxelles (Institut d’Etudes théologiques). Sa première étude publiée concernait la genèse de la doctrine du mariage concernant l’acte conjugal : « Union et Procréation. Développements de la doctrine des fins du mariage » (Cerf, 2006). Le livre est préfacé par le cardinal G. Danneels. Publié en français, il a été traduit dans d’autres langues.

Carine Brochier - La question de la contraception est-elle si importante ?

P. Mattheeuws - Certains acceptent encore d’en parler, d’autres nient que ce soit encore une question éthique. Que ce soit sous forme de déni ou de refus, d’acceptation paisible ou douloureuse, la réalité d’une possible dissociation des significations unitive et procréative de l’acte conjugal, reste bien présente dans la vie et la conscience des hommes et des femmes de notre temps. L’enjeu n’est pas celui des slogans ou des statistiques : « l’Eglise est contre la pilule » ou bien « la plupart des couples chrétiens ont une contraception chimique ». Signalons au passage que le mot « contraception » n’apparaît pas dans l’encyclique ! L’enjeu est celui d’une bonne ou meilleure compréhension de la grandeur de l’acte conjugal et de la signification des corps sexués. L’homme et la femme ont une grande responsabilité lorsqu’ils posent cet acte qui les unit aussi au Créateur. Quelle est la vérité de cette union intime et personnelle ? Est-il possible de faire le bien en se donnant charnellement et ainsi de grandir en sainteté dans la relation conjugale et parentale ?

C. Brochier - Pourriez-vous nous rappeler-nous les affirmations décisives de l’encyclique ?

P. Mattheeuws - Du point de vue doctrinal, Humanae vitae affirme que « chaque acte conjugal doit rester ouvert à la transmission de la vie humaine » (HV n°11). Il s’agit de respecter « le lien indissoluble que Dieu a voulu et que l’homme ne peut rompre de son initiative, entre les deux significations de l’acte conjugal : union et procréation » (HV n°12). Du point de vue doctrinal et pastoral, les implications morales sont les suivantes : que « le couple ne se pose pas en maître de la vie humaine mais plutôt en ministre du dessein établi par le Créateur » (HV n°13). Poser l’acte conjugal en période infertile reste une expression de l’amour car il est « ordonné à exprimer et consolider l’union des conjoints » (HV n°11). Les deux significations « unitive et procréative » ne sont pas des fonctions biologiques mais des traits essentiels de l’acte à respecter. Cette présence simultanée des deux significations authentifie la vérité du don conjugal. C’est pourquoi il faut éviter « toute action qui, soit en prévision de l’acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation » (HV n°14, repris par Familiaris consortio n°32). Ce qui dissocie les significations de l’acte conjugal n’est jamais un « bien ». La responsabilité du ou des époux est toujours engagée mais de manières très diverses : disons-le clairement.

C. Brochier - N’est-ce pas une question d’ordre privé, intime, personnel ?

P. Mattheeuws - Certainement, et il faut veiller à en parler avec tact, discrétion et pudeur dans les échanges pastoraux entre couples et aussi avec des célibataires, conseillers conjugaux ou spirituels. Il y a divers langages pour parler de la même question et il est bon de les respecter. Pour la même vérité, le langage est différent dans l’enseignement, la recherche, le dialogue personnel ou le sacrement de réconciliation. N’oublions pas que la question spirituelle ou morale n’est pas seulement celle d’un conjoint. Elle dépasse déjà le cadre strictement privé et individuel pour les époux. Bien sûr, il est bon et indispensable qu’ils puissent parler ensemble de la manière dont ils exercent leur parenté responsable, ou pour mieux dire, parler de la manière dont ils sont « responsables de la paternité » de Dieu. Car la régulation des naissances dans l’acte conjugal concerne le Créateur. La plupart du temps, dans les débats, les témoignages et les arguments utilisés, le grand absent, c’est Dieu. La plupart d’entre nous, peinons à « voir » combien l’acte conjugal est un « signe » de l’amour divin dans l’histoire humaine et qu’il y est présent. Sa présence discrète, mais ultimement décisive pour l’union et la procréation, est à respecter. Dans la manière de poser l’acte conjugal, l’homme et la femme accueillent ou refusent une présence divine dans l’histoire. Personne ne vient à l’existence sans avoir été voulu par Dieu. Toute procréation humaine suppose une intervention créatrice de Dieu. Nos actes humains correspondent-ils à la grandeur de l’acte Créateur ? Telle est la question : elle atteint une profondeur infinie dans cette intimité des corps et dépasse ainsi l’ordre des sphères du privé et du public. Les époux sont les coopérateurs de l’amour de Dieu dans l’histoire humaine.

C. Brochier - Pourquoi tant de difficultés à comprendre le message ?

P. Mattheeuws - Les causes sont multiples, mais il faut éviter de juger les personnes. Ces difficultés peuvent aussi varier suivant les générations et les couples. Il est instructif de relire les principaux documents des conférences épiscopales au moment de la publication de l’encyclique. Ne faisons pas cependant d’anachronisme : nous ne sommes plus en 1968 ! Aujourd’hui, je soulignerais trois points : une ignorance et une méconnaissance des enseignements de l’Eglise, un appauvrissement de la compréhension des expressions de l’amour conjugal souvent réduites à l’acte sexuel, une peur réelle de donner la vie car elle n’a plus toujours une signification éternelle.

            Pour rendre compte de l’ampleur de la difficulté à travers le temps, j’ajouterais deux points. Il me semble qu’Humanae vitae en 1968, ainsi que d’autres textes de Jean-Paul II par la suite, commencent à expliciter un enseignement renouvelé de la beauté et de la grandeur de l’acte conjugal. Qui dit grandeur, dit exigence spirituelle. Cette « nouveauté » est dans la tradition, mais elle s’est révélée comme « neuve » à notre époque. Je dirais même qu’on a assisté à une continuité évolutive qui concerne non pas le dogme mais un point précis de la doctrine morale concernant l’amour conjugal. Il est normal qu’il faille du temps à l’Eglise comme corps pour intégrer ce « nouvel » apport de la Révélation.

            Par ailleurs, les aspects techniques ou les argumentations qui entourent l’intuition d’Humanae vitæ cachent parfois un point central : s’il s’agit vraiment d’un enjeu vital, d’une manière décisive d’aimer Dieu et le conjoint, il est clair que les difficultés à vivre ce qui est proposé et à l’intégrer en profondeur sont signes d’un combat spirituel et non pas d’un malentendu, d’une argumentation défaillante ou d’une incompréhension des situations historiques. L’horizon de la civilisation de l’amour et du respect de la vie éclaire pour chacun de nous l’enjeu de ce combat spirituel.

C. Brochier - Est-ce une affaire de conscience pour les chrétiens ?

P. Mattheeuws - La conscience d’un chrétien n’est ni une île ni une caverne : elle s’éclaire d’un enseignement qui vient toujours d’au-delà d’elle-même. La conscience chrétienne est toujours « dépassée » par une révélation qui vient d’ailleurs : elle s’appartient dans l’abandon d’elle-même et dans la libre démaîtrise. C’est le sens profond du baptême, où nous ne revêtons pas le Christ de manière superficielle et extérieure. Notre conscience est en communion avec ce que disent et pensent les autres membres du peuple chrétien. Sur le point de la contraception, cette communion est souvent incompréhension ou division. La conscience tend à rester en communion avec l’enseignement ecclésial. Cette lumière est dès lors décisive. Chacun de nous ne peut pas – sans erreur et sans dommage pour lui et pour les autres – juger juste et bon ce que l’Eglise déclare contraire au bien commun et à l’économie sacramentelle. Le « mal » moral non perçu comme mal reste un mal et « fait mal ».

Le Concile Vatican II a affirmé que la conscience est un « sanctuaire » personnel. Cette expression souligne l’intimité du jugement ultime de chacun. Elle dit aussi comment Dieu est intime à ce jugement. Ce sanctuaire où s’élabore un jugement et où se prend une décision, appartient à Dieu : il est le lieu d’une prière qui peut lui être adressée, que ce soit dans le jugement, la réflexion, la décision. Il y est présent. Il l’habite. Dieu est proche de celui qui se décide. Il le fait avec discrétion et amour. A nous d’observer comment l’Esprit saint illumine notre esprit pour nous donner de comprendre toute l’amplitude de l’amour dont nous pouvons vivre.

C. Brochier - Ne faudrait-il pas une nouvelle encyclique sur cette question ?

P. Mattheeuws - La question est posée par certains chercheurs et par des pasteurs. On me la pose régulièrement. Je ne crois pas que ce soit nécessaire en ce moment. Nous n’avons pas encore intégré, en région francophone et occidentale, tous les apports réflexifs du Pontificat de Jean-Paul II. Nous découvrons à peine, surtout dans les nouvelles générations, la beauté de sa théologie du corps et les intuitions personnalistes de sa pensée. Nous ne mesurons pas assez la profondeur de sa vision trinitaire de la Création ni les conséquences de sa vision du « don » dans l’acte libre de celui qui cherche à faire le bien.

J’invite pour ma part ceux et celles qui sont de bonne volonté à suivre le chemin tracé par les catéchèses de Jean-Paul II. Ensuite, je les convie à réfléchir à partir de la présentation « unifiante » de l’amour faite par Benoît XVI dans son encyclique Deus caritas est. L’amour est « un » et ses dimensions diverses, particulièrement l’éros, acquièrent leur statut dans la personne unifiée et dans une relation conjugale qui respecte cette unité de la personne et du couple.

C. Brochier - Que pensez-vous des méthodes naturelles pour une paternité et une maternité responsables ?

P. Mattheeuws - En quelques années, les recherches se sont fort bien développées dans ce domaine. La plupart de ces méthodes sont reconnues scientifiquement fiables, mais elles sont peu connues du grand public et peu enseignées. C’est vraiment dommage. Par ailleurs, j’attirerais l’attention sur trois points en ce qui concerne les méthodes. Ce n’est pas leur caractère « naturel » qui les rend catholiques. Il vaut mieux parler de méthodes d’auto-observation. Elles comportent d’ailleurs toutes un aspect « artificiel ». La nature pure est un mirage et l’adjectif « naturel » n’est pas à soi seul un argument.

Par ailleurs, du point de vue moral, ce n’est pas la méthode (l’objet matériel) qui rend un acte « bon » ou mauvais. Il n’y a pas de méthode « catho ». Il y a des méthodes qui permettent de respecter le « lien indissoluble des deux significations de l’acte » et que les époux peuvent utiliser à bon escient.

Un dernier point : mon expérience pastorale et de nombreux témoignages montrent que parmi les méthodes « naturelles », certaines conviennent mieux à tel couple, à telle épouse, et pas à d’autres. Il s’agit donc de chercher celle qui s’adapte au mieux. Il ne faut pas « absolutiser » l’usage d’une méthode ni surtout, dans la vie pastorale, se disputer entre chrétiens sur l’efficacité d’une méthode. La sagesse et la prudence doivent s’exercer également dans ce domaine.

C. Brochier - Le point difficile, n’est-ce pas la continence périodique que supposent toutes les méthodes « naturelles » ?

P. Mattheeuws - Oui, c’est le plus souvent une difficulté de la vie conjugale puisqu’il faut dialoguer et prévoir, si on a le désir de postposer une naissance, de ne pas s’unir durant les périodes fécondes. Le défi premier est la maîtrise du désir et la libre décision à prendre. Mais plus profondément (en morale fondamentale), ce qui est en jeu, ce n’est pas une « pratique » ni une « vertu », mais la bonté d’un acte. La continence périodique n’est pas « négative » : elle est positive. L’abstention d’une relation conjugale est aussi une manière d’exprimer son amour. L’acte conjugal est un signe privilégié de l’amour dans le mariage, mais son abstention peut également, dans certaines circonstances, être un signe d’amour. L’abstention est un comportement bon, choisi pour un temps. Il vise à dire l’amour pour autrui. Il vise la vérité de l’amour mutuel. La continence périodique n’introduit pas de division dans la personne et dans l’amour qui s’offre. Dans la continence périodique, les époux ne s’aiment pas moins : ils continuent à dire en leur corps ce qu’ils veulent se dire : leur amour. L’abstention de relations sexuelles comporte en raison la décision de ne pas générer d’enfants et de rester dans la vérité du langage de l’amour.

C. Brochier - Selon vous, quels sont les point délicats, peut-être encore à approfondir ?

P. Mattheeuws - Ils sont nombreux, tant du point de vue doctrinal que pastoral. S’ils sont à approfondir, cela ne signifie pas que la doctrine enseignée est fausse ! Au contraire, c’est la richesse de l’intuition et des affirmations de Paul VI qui poussent à réfléchir et à vivre.

Comment tout d’abord ne pas identifier la fécondité d’un couple ou d’une famille à la seule procréation des enfants ? Il convient de montrer l’ampleur de la fécondité spirituelle et sacramentelle d’un couple : la conception de l’enfant s’inscrit dans cette fécondité, mais celle-ci ne se réduit pas à la présence des enfants (1). L’acte conjugal, posé dans le mariage est un acte commun aux époux, mais leur conscience n’épouse pas de la même manière la décision d’unir ou de dissocier les significations « unitives et procréatives ». Il n’y a jamais fusion des consciences des époux : le vade-mecum sur le sacrement de réconciliation l’explique très bien (2). Les méthodes dites « naturelles » ne qualifient pas ultimement ce que font les époux : ils peuvent être respectueux de la méthode avec une réelle intention contraceptive (3). Comment appliquer avec justesse la fameuse « loi de gradualité » dont parle Familiaris consortio n°34 à cette situation conjugale (4) ? Dans ce contexte, quelle est la valeur visée dans la continence périodique ? Quelle est la place de Dieu dans l’union conjugale ? L’ouverture à la vie est-elle toujours possible (5) ? Quels liens tisser historiquement entre le refus de la doctrine d’Humanae vitae et l’anti-life mentality ? Comment cette « nouvelle » exigence éthique de l’encyclique (en 1968) montre-t-elle encore son actualité à l’intérieur des nouveaux débats bioéthiques (6) ?

C. Brochier - Un dernier souhait ?

P. Mattheeuws - Que la conscience chrétienne visite à nouveau cette période difficile de l’Eglise et découvre la richesse de la personnalité de Paul VI. Ce pape courageux, d’une grande intelligence et délicatesse de cœur mérite qu’on le connaisse mieux. Qu’on puisse voir tout ce qu’il a fait sans réduire toute son action à la promulgation d’Humanae vitæ et aux critiques qu’on lui a faites. On percevra ainsi son souci des pauvres et du respect de leur dignité personnelle, en lien avec Populorum progressio. Les questions sont d’ailleurs liées entre elles. Et pour ceux et celle qui le peuvent, qu’ils lisent le discours de Paul VI aux Equipes Notre Dame (1970) : ils y trouveront un commentaire personnel que le pape fait de son encyclique Humanae vitæ. Il témoigne de sa bienveillante bonté.

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Benoît XVI souligne l’actualité du témoignage de saint Etienne

Posté par religieux le 30 juin 2009

« Cette victoire permet aujourd’hui encore à tant de chrétiens de ne pas répondre au mal par le mal, mais par la force de la vérité et de l’amour », a affirmé le pape lors de l’angélus du 26 décembre.  

Le pape a fait le rapprochement entre la fête de Noël et celle d’Etienne en disant : « En saint Etienne, nous voyons se réaliser les premiers fruits de salut que la Nativité du Christ a apporté à l’humanité : la victoire de la vie sur la mort, de l’amour sur la haine, de la lumière de la vérité sur les ténèbres du mensonge ». 

« Etienne, un jeune ‘rempli de foi et d’Esprit Saint’, comme le décrivent les Actes des Apôtres (Ac 6,5), fut ordonné diacre avec d’autres dans la première communauté de Jérusalem, et, en raison de sa prédication ardente et courageuse, fut arrêté et lapidé », a rappelé Benoît XVI.  

Il mentionne spécialement la présence de Saul lors de la lapidation du diacre en précisant : « Paul apparaît pour la première fois, sous son nom juif, ‘Saul’, en tant que persécuteur zélé de l’Eglise (cf. Phil. 3,6), ce qui était alors considéré par lui comme un devoir et comme un motif d’orgueil. A posteriori, on pourra dire que c’est justement le témoignage d’Etienne qui a été décisif pour sa conversion ». 

Le pape rappelle que Saul, « toujours poussé par son zèle contre les chrétiens, se rendit à Damas, pour arrêter ceux qu’il y aurait trouvés ».

C’est alors qu’il est comme « foudroyé » par « une expérience singulière pendant laquelle Jésus ressuscité lui apparut, lui parla et changea sa vie ». 

Le pape souligne aussi que Saul « avait vu la façon dont Etienne était mort : en tout comme le Christ, c’est-à-dire en priant et en pardonnant à ses meurtriers ». 

Et à propos de la rencontre du Christ sur le chemin de Damas, le pape fait observer : « On pourrait presque dire que dans la voix du Christ, il a perçu celle d’Etienne et aussi que, par son intercession, la grâce divine a touché son cœur ».  

« A partir de ce moment-là, Jésus est devenu sa justice, sa sainteté, son salut, son tout. Et un jour lui aussi suivra Jésus dans les pas même d’Etienne, en versant son sang en témoignage à l’Evangile, ici, à Rome », a conclu le pape. 

Après l’angélus, le pape a ajouté, en français,: « En ce lendemain de Noël, la liturgie nous invite à célébrer la fête de saint Étienne, premier martyr chrétien. Élu comme diacre par l’assemblée des Apôtres, Étienne fut un témoin invincible de la charité, du pardon et de l’amour du Christ ressuscité. Que la prière de la Vierge Marie, Reine des Martyrs et de saint Étienne vous donne d’être des témoins crédibles de l’Évangile vécu dans la vérité et la charité ! Bonnes et saintes fêtes à tous. Avec ma Bénédiction Apostolique ».

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Congrès à Rome sur le rôle et l’actualité de la confession

Posté par religieux le 30 juin 2009

Pour connaître les finalités et les objectifs du symposium, ZENIT a interrogé Mgr Giovanni Francesco Girotti, évêque régent du Tribunal de la Pénitencerie apostolique.

ZENIT – Quelles sont les raisons à l’origine de ce symposium?

Mgr Girotti - Le premier objectif est d’offrir une information adéquate concernant les fonctions et les tâches de la Pénitencerie apostolique qui, bien qu’étant le plus ancien dicastère du Saint-Siège (cette année nous célébrons les 830 ans de sa constitution) reste peu connue, et même par une grande partie du clergé. Les différentes réflexions de nature historique, théologique sacramentelle et juridique, conduiront sans doute à une compréhension plus objective quant aux liens qui unissent la Pénitencerie apostoliques au sacrement de la pénitence.

ZENIT – A partir des années 70, le sacrement de la confession a été moins pratiqué. Dans certaines régions du monde, il a même pratiquement disparu. Quelle est la situation aujourd’hui?

Mgr Girotti - Je crois de mon devoir de signaler que la pastorale de la confession, au fil des années qui ont suivi le Concile de Trente, a toujours été traitée avec beaucoup de soin et que les choix précis qui ont été faits suivent la ligne de ce Concile.

Il est bon de rappeler aussi que ce Concile est celui qui a exposé de façon claire et de manière organique, la doctrine et la pensée de l’Eglise catholique sur la sacrement de la pénitence. Le changement de « mentalité » sur le sacrement de la pénitence et sur l’attitude pénitentielle en général, vient de certains documents publiés par le Saint-Siège après le Concile œcuménique Vatican II. Je vous en cite quelques uns: par exemple la Constitution apostolique « Paenitemini » du 17 février 1966, la Constitution apostolique « Reconciliatio et paenitentia », publiée par Jean Paul II en 1984, qui est d’ailleurs une synthèse des réflexions issues du synode des évêques sur le sacrement de la réconciliation.

Tous ces documents marquent indubitablement une époque décisive pour les nouvelles orientations données à la suite du Concile, mais ils sont en même temps à la limite d’une époque de profondes mutations, non seulement au niveau ecclésial, mais au niveau des mentalités mêmes. Des changements qui ont eu une forte incidence sur la pratique du sacrement de la réconciliation.

Il est absolument indéniable que dans l’Eglise d’aujourd’hui la situation du sacrement de pénitence n’est pas des meilleures, ni en ce qui concerne sa pratique, ni même en ce qui concerne sa compréhension.

La réforme préconisée par Vatican II et mise en œuvre ces dernières années, se réfère essentiellement au rite, et il semblerait qu’elle n’ait pas réussi à redonner vie ni à la compréhension juridique ni à la foi de ce sacrement. Même si les tentatives et les efforts n’ont pas manqué de la part d’un grand nombre de conférences épiscopales qui ont tenté des solutions, en recommandant surtout une multiplication des formes de pénitence. Il y a eu de part et d’autres des tentatives de susciter un nouveau regain d’intérêt pour la confession.

Certains diocèses ont organisé des campagnes pour encourager le recours à ce sacrement. Hélas, il est vrai aussi, de nos jours, que ce sacrement, tellement essentiel pour l’état et la sanctification de nos âmes, parait frappé d’une crise inquiétante. Il s’agit là d’un phénomène qui ne touche pas simplement l’ensemble des fidèles peu instruits en religion. Voulant faire un rapide diagnostic de mésestime et de désamour envers ce sacrement, je me limiterais à signaler:

a)      Une certaine baisse de la compréhension sacramentelle de la pensée sacramentaire prise dans son ensemble, autrement dit une baisse de ce qui est sacramentel. Il a été dit récemment que beaucoup de personnes ne connaissent pas les fondements théologiques qui pourraient mieux faire comprendre et apprécier la confession. Depuis toujours la confession est un sacrement qui demande beaucoup d’efforts, fatiguant ; c’est un sacrement qui, dans son développement extérieur et dans sa formation, a subi de grands changements.

b)     Un aspect fondamental, qui engendre ces changements dans l’administration du sacrement de la pénitence est certainement la nouvelle manière de concevoir le péché, l’affaiblissement du sens du péché. Il y a une perte du sens du « péché moral ». Pie XII lui-même disait déjà: « Le plus grand péché du monde d’aujourd’hui est peut-être celui d’avoir perdu le sens du péché »

c)      Le sens du péché fait défaut parce que manque avant tout le sens de l’offense à Dieu; dans un monde sécularisé la présence de Dieu n’est pas considérée comme une présence saillante;

d)     Selon certaines affirmations relevant de la psychologie, la préoccupation majeure est de ne pas culpabiliser et de ne pas poser de freins à la liberté.

ZENIT – Au cours de l’histoire la Pénitencerie a exercé un rôle très important  au sein de la Curie romaine. Qu’en est-il aujourd’hui?

Mgr Girotti – Si l’on considère l’ampleur des attributions exercées par la Pénitencerie entre la fin du Moyen Age et les débuts de l’ère moderne, son rôle a été très important. Née comme bureau pour assister le pape et pour suivre, dans l’exercice de sa juridiction, tous les cas touchant le « for interne », la Pénitencerie, au fil des siècles, n’a cessé d’élargir ses compétences à de nombreuses autres affaires qui touchent également le « for externe ».

L’ampleur de ses attributions, qu’il s’agisse du « for interne » ou du « for externe », est vraiment importante, par exemple dans la première moitié du XVIème siècle. Il suffit de voir la liste : dispenses matrimoniales provenant de l’empêchement dérivant de divers degrés de consanguinité et d’affinité, licences pour la promotion aux Ordres sacrés par dérogation aux normes en vigueur; absolutions pour homicide volontaire, sans préméditation ou commis en légitime défense avec éventuelle dispense pour la promotion aux Ordres, absolutions pour coups à des clercs, pour simonie …la liste n’est certainement pas exhaustive. A partir de documents connus de la Pénitencerie on voit qu’elle étendait ses propres compétences également aux non chrétiens et, en particulier, aux juifs.

ZENIT – Quels objectifs visez-vous avec ce symposium?

Mgr Girotti – La Pénitencerie étant de fait un dicastère rarement placé sous les projecteurs et qui apparaît à beaucoup très mystérieux, on souhaite le faire connaître de façon plus appropriée en mettant en évidence ses fonctions et ses tâches qui, comme je le disais, tendent exclusivement au bien des âmes. On veut en même temps redonner vie et promouvoir un regain d’intérêt pour le sacrement de la confession, qui, de nos jours, parait frappé d’une crise inquiétante. 

Propos recueillis par Antonio Gaspari

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France : Onze nouveaux « Justes parmi les Nations » de Yad Vashem

Posté par religieux le 30 juin 2009

Pas moins de 11 habitants de Coulounieix-Chamiers – une seule survivante – sont en effet honorés par l’Institut Yad Vashem pour leur courage au service des cinq membres de la famille Sajovic, d’origine tchèque, réfugiés à Strasbourg, avant de faire partie des repliés alsaciens en Périgord, dont de nombreux juifs.

Paulette Claude, à 87 ans, est la seule de ces onze « Justes » encore en vie. Les dix autres seront honorés à titre posthume, et ils seront représentés par leurs enfants ou petits-enfants.

Paulette Claude était employée de mairie dans les années quarante et elle a fourni des cartes d’identité aux persécutés. Elle a aidé ou caché beaucoup d’autres juifs, c’est le cas de la famille de Marcel Sajovic, sauvé à Coulounieix qui l’a fait connaître à Yad Vashem.

Les autres « Justes » sont Léontine et Louis Chamon, Louise et François Doche et Jean Ripoche, qui seront représentés par leurs petits-enfants, respectivement Monique Carbonnière, Guy Doche et Monique Bertholin.

Raymond Ségurel, ex-inspecteur de l’Éducation, représentera sa tante et son oncle Louise et Jean-Bernard Bissou. Il note : « Tous ont aidé à sauver les Sajovic des rafles, en les cachant dans des granges comme celle de ma famille. »

Abel Dalesme, lui, représentera Marcel, Joséphine et Joseph Dalesme. Ce dernier était le secrétaire de la mairie de Coulounieix sous l’Occupation.

Un « héros discret » qui, avec son frère, a protégé des familles juives et vu débarquer, le 12 novembre 1941, l’employée de mairie Paulette Claude, rapporte Alain Bernard.

Il ajoute : « Le maire s’appelait Léo Laroque (jusqu’à sa retraite en 1981, Paulette en a connu six). Elle allait rapidement répondre aux demandes pressantes des pourchassés : « J’avais 20 ans, quelqu’un comme Marcel Sajovic pas beaucoup plus. J’ai commencé à fournir des papiers d’identité. Il n’aurait pas fallu se faire pincer. Une fois, mitraillette dans le dos, j’ai dû faire visiter ma maison… ». »

Il fait aussi remarquer que Paulette Claude « ne s’attribue nul héroïsme, mais sait qu’elle jouait un rôle précieux ».

Alain Bernard cite cette reconnaissance déjà reçue le 6 décembre 1944 : une émouvante lettre de la Jeunesse juive de Lyon emplie de gratitude. Un de ses protégés, Richard Guthmann, l’a même couchée sur son testament. Elle n’a pas revu Marcel Sajovic mais, depuis le courrier de Yad Vashem reçu il y a un an, « elle a hâte de le retrouver dimanche ».

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Décryptage du présupposé de Dan Brown : « Le Vatican nous cache quelque chose »

Posté par religieux le 30 juin 2009

Le roman Anges & Démons est une torpille de plus contre le christianisme. Plus précisément contre l’Église catholique. Alain Noël, auteur avec Victor Loupan d’une enquête fouillée, Anges & Démons, l’enquête, rétablit, pour Famille Chrétienne, quelques vérités historiques.

Après le succès planétaire du thriller religieux Da Vinci Code, Anges & Démons, qui a caracolé lui aussi en tête des ventes, relate la première aventure du héros de Dan Brown, Robert Langdon. Après le livre, le film. Tout porte à penser que les spectateurs vont être captivés par la qualité de la réalisation et de l’intrigue. Mais, bien qu’il s’agisse d’une fiction, certains ne vont-ils pas, peu à peu, se demander – comme pour le livre – si l’histoire ne recèle pas un peu de vérité ? L’auteur ne possède-t-il pas des informations secrètes ? Le complot des Illuminati n’a-t-il pas une base historique ? L’Église n’a-t-elle pas persécuté Galilée et ainsi prouvé son hostilité à la science qui risquerait de la mettre en péril ? Décryptons !

Pour les non-initiés et ceux qui ne vont pas au cinéma, un petit résumé de l’histoire ne nuit jamais.

L’action se déroule de nos jours ou dans un futur très proche. À Rome, le pape vient de mourir et le conclave s’ouvre. L’universitaire américain Robert Langdon, professeur de « symbologie », sorte d’Indiana Jones, arrive à Genève. Il a été appelé d’urgence au Cern (Conseil européen pour la recherche nucléaire), où le plus brillant des physiciens, Leonardo Vetra, qui est prêtre catholique, vient d’être assassiné dans des conditions atroces et mystérieuses. Vittoria, sa fille adoptive, elle-même physicienne, découvre qu’un attentat énorme se prépare contre le Vatican avec une bombe d’antimatière…

Ce complot est signé des Illuminati, une société secrète devenue criminelle malgré ses origines catholiques. Les Illuminati, nous dit le roman, sont un réseau (clandestin) de savants – dont Galilée, le célèbre astronome italien – persécutés par l’Église, ennemie de toute science. Aujourd’hui, la secte veut venger Galilée, condamné par l’Inquisition pour avoir défendu les thèses de Copernic, en détruisant le Vatican. Un terroriste arabe (de la secte des Assassins) a déposé la bombe au Vatican et kidnappé quatre cardinaux papabili dans le but de les sacrifier sur des sites symboliques…

À travers un véritable rallye dans Rome pour décrypter des symboles, Robert et Vittoria, quoique hostiles l’un et l’autre au christianisme, tentent d’empêcher cet attentat. Au sommet du suspens, ils découvrent que le camerlingue (1) était en fait le Grand Manipulateur qui avait tout organisé. Le complot n’était pas où on le croyait. Le mal venait du sommet de l’Église…

Où Dan Brown avoue ses intentions.

De la bouche même de l’auteur, nous apprenons que son ambition est plus vaste que d’usiner des best-sellers. Il affirme qu’il « expose sérieusement une vieille théorie un peu oubliée sur les origines du christianisme. Qu’elle soit juste ou fausse, elle représente un point de départ pour examiner l’avenir de la religion » (Le Point, 24 février 2005). Pour lui, les Églises sont des faussaires, et surtout la plus ancienne d’entre elles : l’Église catholique, avec son siège à Rome.

Ne nous leurrons pas, les récits de Dan Brown s’en prennent davantage à la foi des catholiques qu’à l’Église en tant qu’institution. Le danger n’en est que plus grand.

Dans Anges & Démons, Dan Brown attend que l’Église reconnaisse l’écrasante victoire de la science sur la foi.

Comme l’appareil du Vatican exige une stricte orthodoxie – « conservateur, conservateur, conservateur, telles sont les trois qualités essentielles que l’on attend des candidats à la fonction suprême » –, le pape n’a que deux attitudes possibles : soit le rejet de la science, soit la capitulation de la foi et le ralliement de l’Église à la science.

À la recherche des fameux Illuminati ou le complot en perruque, dans des décors à la Barry Lyndon.

Remâchant leur vieille haine, les Illuminati seraient chargés de la vengeance contre l’Église pour le mal qu’elle a fait à la société en la maintenant dans l’obscurantisme et en condamnant les personnages de génie tels que Galilée.

Qu’en est-il de la vérité historique ? Les Illuminati ont réellement existé. Cette secte est née au milieu du XVIIIe siècle en Bavière (et non pas au XVIe siècle comme dans le roman). Le fondateur, Adam Weishaupt (1748-1830), a étudié chez les Jésuites, qu’il a pris en haine ainsi que la religion chrétienne (catholique). Professeur de droit canonique à la faculté d’Ingolstadt, il veut bâtir un réseau pour saper l’influence de l’Église catholique. Tout est mûr pour la conspiration…

Weishaupt entre dans la franc-maçonnerie à Munich, mais n’y trouve pas son compte. Il fonde alors sa propre mouvance qu’il appelle, après bien des hésitations, l’Ordre des Illuminati. Le but : libérer l’homme des lois autres que les siennes et celles de la nature. Rien de plus que l’idéologie des Lumières dans sa version la plus dure. Il arrive à regrouper environ deux mille adeptes dont des personnages prestigieux comme Goethe, Herder… L’euphorie ne dure pas. Soupçonné d’avoir comploté la chute du duc de Bavière, et de se débarrasser de ses adversaires par le poison, il est destitué de son poste à la faculté. Menacé d’arrestation, il s’enfuit et se fait oublier. L’Ordre se dégonfle comme un soufflé et disparaît avant la fin du XVIIIe siècle.

Quel est le lien entre ces Illuminati et ceux de Dan Brown ? Aucun. Si ce n’est…

… que Dan Brown surfe sur d’étranges sites Internet…

En effet, deux siècles plus tard, aux États-Unis, le mythe des Illuminati est plus obsédant que jamais. Le conspirationnisme est devenu un phénomène de masse : les sites Internet se trouvent par centaines et leurs visiteurs ne se comptent plus. Et ce n’est pas dans les archives secrètes du Vatican, mais simplement sur le Net, que Dan Brown a trouvé ses Illuminati. Les moteurs de recherche affichent le nombre impressionnant de 1 650 000 entrées sur ce sujet !

Entre temps, les Illuminati – et leur résurgence moderne dans les milieux occultistes – ont revendiqué, au mépris de la vérité (et même de la vraisemblance) historique, des membres prestigieux allant de Galilée à Rudolf Hess en passant par le Bernin. Peu à peu, une partie des États-Unis va voir, derrière tous les événements qui ont frappé leur pays, un complot des Illuminati. Cette obsession englobe aussi bien la poussée communiste que les évolutions économiques, financières et technologiques. Ainsi les chasseurs d’Illuminati vont-ils même s’en prendre aux Rothschild…

Comme le constatent des intellectuels new-yorkais, le mythe est protéiforme. Il peut s’appliquer à tout et n’importe quoi.

Le Galilée de Dan Brown a-t-il quelque chose à voir avec celui de l’Histoire ?

Désirant par-dessus tout prouver que l’Église est obscurantiste et opposée aux avancées de la science, qui pourraient mettre la foi en péril, Dan Brown prend plus que des libertés avec la réalité historique. Il se fait l’écho de la légende, née au XIXe siècle, et qui domine encore aujourd’hui : un Galilée, héros mythique, sans failles ni faiblesses, dressé contre une Église écrasante et humiliante pour conquérir la liberté de penser.

Le mythe du Galilée martyr est encore en vigueur de nos jours. Or, l’enquête que nous publions reprend l’affaire Galilée et l’éclaire d’un jour nouveau. Au sujet de cette affaire complexe, nous montrons qu’il ne s’agissait pas tant d’une condamnation sur le plan scientifique que d’une condamnation à des fins politiques.

Alain Noël

(1) Le camerlingue a une fonction éphémère : il est, au Vatican, celui qui cogère (avec le collège des cardinaux) les affaires courantes de l’Église, entre la mort d’un pape et l’élection de son successeur, et qui organise le conclave.

Alain Noël, éditeur, est également co-auteur, aux Presses de la Renaissance, de Ce à quoi je ne crois plus, avec Robert Serrou (2001), et avec Victor Loupan, d’Enquête sur la mort de Jésus (2005). Il vient d’écrire, toujours avec Victor Loupan, Anges & Démons, l’enquête.

Dan Brown : quelques-unes de ses énormes bourdes

• L’Église aurait appelé les Illuminati des « satans », mot emprunté à la langue arabe. Selon Robert Langdon, « l’Église a choisi un nom islamique parce que c’était une langue considérée comme sale ». Le professeur de « symbologie » est inculte : « satan » vient de l’hébreu. De plus, la notion de « propre » et de « sale » n’a aucun sens dans la théologie chrétienne.
• Toujours Langdon: « La hallebarde des gardes suisses a servi plus d’une fois à décapiter des hordes de musulmans durant les croisades du XVe siècle… » La dernière croisade a eu lieu au XIIIe siècle, et la garde suisse a été fondée au XVIe siècle.
• « L’eucharistie est un héritage des Aztèques. » Or, l’empire aztèque a été découvert mille cinq cents ans après l’institution de l’eucharistie.
• « Les croix sont accrochées sur les murs, dit le camerlingue, pour nous rappeler le pouvoir du mal… la puissance des ténèbres ». Pour la foi chrétienne, le crucifix montre l’amour divin triomphant du mal.
• Maximilien Kohler (le directeur du Cern) accuse Rome d’être responsable du comportement antiscientifique des… évangélistes protestants aux États-Unis!
• Le camerlingue est, dans le thriller, un simple prêtre, alors que c’est toujours un cardinal.

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