Les tentations de Jésus

Posté par religieux le 1 juillet 2009

Nous avons souvent une manière un peu infantile d’aborder la question des « tentations ». Pour un enfant, être tenté, c’est avoir envie de faire des choses que ses parents lui ont interdites. Du coup, certains adultes pensent la tentation essentiellement en termes de « bêtises » qu’ils se donneraient bien le droit de faire si la morale ne le réprouvait pas, et surtout si Dieu n’en savait rien. Mais le récit des tentations de Jésus (Matthieu 4, 1-11 ; Marc 1, 12-13 ; Luc 4, 1-13) nous montre que les attaques du Démon sont d’une tout autre portée : elles visent notre rapport à Dieu et non pas d’abord notre intégrité morale.

« Si tu es le Fils de Dieu… »

Au moment de son baptême dans le Jourdain, le ciel s’est ouvert et tous ont entendu cette parole du Père pour Jésus : « Celui-ci est mon fils bien-aimé, en lui j’ai mis tout mon amour » (Mt 3, 17) ; mais voilà que Jésus est poussé au désert, et que Satan lui susurre en quelque sorte à l’oreille : « Si tu es le Fils de Dieu… les choses ne devraient pas être ainsi ; si tu es ce que tu prétends être… tu ne devrais pas avoir faim ! Si tu es son Fils bien-aimé, ton Père devrait le faire savoir de façon plus manifeste, il devrait envoyer ses anges de peur que ton pied ne heurte les pierres, il devrait être un peu plus visible ! Le monde entier devrait l’adorer ! Comment se fait-il que tu souffres de la faim, que Dieu soit si caché, et qu’au fond, les hommes lui soient si peu soumis ? C’est peut-être qu’il n’est pas vraiment ton Père, ou qu’il ne t’aime pas vraiment, ou qu’il n’est pas si puissant que cela ! S’il est ton Père, pourquoi souffres-tu ? »

La tentation à l’égard de Dieu, dans ce qu’elle a de plus profond, réside essentiellement dans ce doute à l’égard de sa paternité aimante. « Si tu es le Fils de Dieu, les choses devraient être autrement ! » : Satan ne cesse de nous suggérer que Dieu devrait être autre chose qu’il n’est pour être digne d’être appelé Père. Dès l’origine, dans le Jardin d’Éden, lorsque le Démon a tenté Ève, c’est d’ailleurs sur ce point qu’il l’a fait vaciller. Son argumentation fut, en résumé, la suivante : « Si Dieu vous a défendu de manger de l’arbre du Jardin sous peine de mort, c’est qu’il ne vous aime pas vraiment ».

Depuis lors, c’est toujours la même tentation : si Dieu est Père, le monde devrait être différent ; or le monde est tel ; donc Dieu n’est pas Père. Le récit des tentations de Jésus au désert nous donne trois formes de cette même tentation (nous nous basons ici sur le texte de Mt 4, 1-11).

Première tentation : le Démon attaque la confiance en Dieu

« Jésus eut faim. Le Diable lui dit : “Si tu es Fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains”  » (cf. Mt 4, 2-3). La première tentation de Jésus concerne la nourriture, comme la tentation d’Ève dans le Jardin d’Éden. Mais la portée de cette tentation va bien au-delà de la simple tentation de gloutonnerie. Après quarante jours de jeûne, qu’y aurait-il d’ailleurs de mal à désirer manger ? En fait, en suggérant à Jésus de transformer les pierres en pain pour soulager sa faim, le Démon l’invite subtilement à faire un miracle pour éviter de souffrir, au lieu de s’appuyer sur la Providence de son Père qui semble ici déficiente.

Le piège est bien tendu et l’enjeu énorme : si Jésus réalise ce miracle, à l’aube de sa vie apostolique, pour une souffrance minime par rapport à ce que sera sa Passion, comment ne le fera-t-il pas durant la Semaine sainte pour éviter la mort sur la croix ? L’intention de Satan est claire : il s’agit d’empêcher le Messie d’entrer en action, de le détourner de sa mission en le mettant dès le départ en contradiction avec son Père.

C’est bien cette même tentation qui sera encore amplifiée le Vendredi saint à travers ceux qui lui crieront : « Si tu es le Messie, sauve-toi toi-même et descends de ta croix » (Mt 27, 40). C’est pour Jésus la tentation du refus de la Croix, et c’est pour nous la tentation du refus de croire à un Dieu crucifié le Vendredi saint.

Deuxième tentation : le Démon attaque l’espérance en Dieu

La deuxième tentation est plus difficile à comprendre. Le Démon emmène Jésus en haut du Temple et lui suggère de se jeter en bas pour tester Dieu, et voir si ce dernier enverra des anges pour que Jésus ne se fasse pas mal.

Nous avons du mal à comprendre cette tentation, car nous n’avons sans doute jamais eu ce genre de désir. Mais en fait, nous la connaissons bien : face au vide de notre vie, face au vertige de notre liberté lorsqu’elle considère toutes les possibilités d’avoir une vie plus glorieuse, c’est la tentation de forcer la main de Dieu et de le mettre en demeure d’accepter notre programme. Nous voudrions qu’il se conforme à nos projets et qu’il se mette finalement au service de nos ambitions. C’est une tentation analogue à celle des Hébreux au désert : « Le Seigneur est-il avec nous, oui ou non ? » (Exode 17, 1-7).

C’est la tentation d’obliger Dieu à sortir de sa discrétion habituelle pour qu’il se mette à notre service, et que nous n’ayons pas à payer les conséquences éventuellement pénibles de nos actes. Mais Jésus répond au Démon : « Il est écrit : tu ne mettras pas le Seigneur ton Dieu à l’épreuve » (Mt 4, 7).

Dieu est Miséricorde, mais il nous a créés libres et responsables, et il serait contraire à sa sagesse (et à sa miséricorde paternelle) de ne pas nous laisser assumer les conséquences de nos actes.

Troisième tentation : le Démon attaque l’amour de Dieu

La troisième tentation semble la plus grossière. Le Diable prend Jésus avec lui sur une très haute montagne, lui montre tous les royaumes du monde avec leur gloire, et lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si, te prosternant, tu me rends hommage » (Mt 4, 9). Il demande, en d’autres termes, à Jésus (qui est Dieu) de l’adorer !

Où peut bien résider ici la tentation ? Elle est en fait plus subtile qu’il n’y paraît puisqu’elle réside dans le fait que le Démon promet à Jésus précisément ce pour quoi il est venu sur terre : établir son règne sur les hommes. « N’est-ce pas justement la mission du Messie ?, explique le pape Benoît XVI. Ne doit-il pas être le roi du monde qui réunira la Terre entière dans un royaume de paix et de bien-être ? » (cf. Jésus de Nazareth, p. 58).

Au moment où il est au désert, Jésus sait déjà qu’il sera rejeté par les hommes, que les siens ne l’accueilleront pas et qu’il ne verra pas, dans les trois années qui lui restent à vivre, l’établissement définitif de son Royaume.

Alors on comprend la tentation : c’est la tentation du succès spirituel immédiat, la tentation du « messianisme temporel », qui consiste à rechercher le succès pour ici-bas, en refusant la Croix. C’est certes séduisant, mais le prix de ce « deal » démoniaque, c’est la renonciation à l’amour d’adoration à l’égard de Dieu.

À chaque fois que nous essayons de bâtir le Royaume par nous-mêmes, nous finissons par adorer autre chose que Dieu (l’argent, le pouvoir, le bien-être…). La réponse de Jésus est alors très nette : « Retire-toi, Satan ! » (Mt 4, 10).

Sagesse et folie de la Croix

En somme, les trois tentations de Jésus au désert sont trois tentations contre la vie théologale : la première est une tentation contre la foi : c’est la tentation de ne croire en Dieu qu’à condition de ne pas souffrir ; la deuxième est une tentation contre l’espérance : c’est la tentation de n’espérer en lui que s’il se soumet à nos projets ; la troisième tentation va contre la charité : c’est la tentation d’aimer le succès plus que Dieu, ou d’aimer Dieu dans la mesure où il me donne de réussir, ce qui revient au même.

En somme, ce sont trois tentations de refuser la folie de la Croix. C’est peut-être pour cela qu’elles nous sont présentées dans la liturgie de l’Église au début du Carême.

Apprendre à y résister à la suite de Jésus, c’est se préparer à entrer dans « la sagesse de la Croix » (cf. 1 Corinthiens 1, 17-31), à être sauvés par le Crucifié.

http://la-boutique-des-chretiens.com/

Publié dans EVANGILE | Commentaires fermés

Grâces sensibles, charismes et dons du Saint-Esprit

Posté par religieux le 30 juin 2009

Lorsque l’Esprit Saint nous donne une grâce sensible, il fait rejaillir dans notre sensibilité la saveur des biens spirituels. À certains moments de notre vie, par exemple, il peut rendre plus suave l’exercice de la prière ou de la charité fraternelle.

Recevons ces grâces dans la joie sans les mépriser : elles sont un encouragement ! Mais rappelons-nous ce que dit saint Jean de la Croix dans La Montée du Carmel : aucune de nos émotions n’est à la taille du mystère de Dieu.

La seule chose en moi qui soit à la mesure de Dieu, c’est la foi vécue dans des actes concrets. Ainsi, l’ange apprend aux enfants de Fatima à prier en disant : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime ». C’est dans ces actes simples d’adoration, de foi, d’espérance et de charité que nous vivons ici-bas de la présence de Dieu.

• La grâce sensible diffère du charisme. Celui-ci est un don de Dieu qui n’a pas pour fin la croissance de ma propre foi, mais de la foi de ceux qui sont autour de moi. Celui qui a reçu – pour un temps – un charisme (de guérison, de prophétie, de discernement, etc.) devient instrument de l’Esprit Saint à travers l’enseignement ou le service, par exemple.

Le charisme est authentifié par la communauté chrétienne et par ses autorités pour être mis au service de tous. Ce don particulier de l’Esprit Saint ne dépend pas de la sainteté de celui qui l’exerce : il peut être donné au saint comme au brigand. Dans l’Évangile de Jean, par exemple, on voit le grand prêtre exercer le charisme de prophétie alors qu’il est un criminel (Jean 11, 51). Il y a même dans l’Écriture une ânesse douée d’un charisme de parole et de prophétie (Nombres 21, 22-35) !

• L’action propre de l’Esprit en nous ne se réalise pas d’abord par les grâces sensibles et les charismes, mais par ce qu’on appelle les dons du Saint-Esprit. Au nombre de sept (sagesse, intelligence, force, conseil, crainte filiale, science, piété), ils sont des capacités que nous donne l’Esprit de vivre sous sa conduite, mus par une sorte d’instinct divin qui nous fait vivre en enfants de Dieu : « Ceux qui sont mus par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu » (Romains 8, 14).

Lorsque nous ne sommes pas sous la motion de ces dons, nous vivons notre vie chrétienne à la mesure de notre prudence. Seuls les dons nous en font vivre à la mesure de la sagesse de Dieu. Nous ne nous trompons jamais en demandant jour après jour que ces dons soient répandus en nos cœurs et nos intelligences !

Frère Jean-Hilaire Ardillier

http://la-boutique-des-chretiens.com/

Publié dans EVANGILE | Commentaires fermés

La venue de l’Esprit

Posté par religieux le 30 juin 2009

Croire

-->

  • Fondamentaux de la foi
  • Contes et légendes
  • Eveil de la foi
  • Livres & CD
  • Noël et autres fêtes
  • Litterature et albums
  • Savoir et découverte
  • Musique
  • -->

  • Jésus et l’Évangile
  • Contes et légendes
  • Eveil de la foi
  • Livres & CD
  • Noël et autres fêtes
  • Litterature et albums
  • Savoir et découverte
  • Musique
  • -->

  • Morale chrétienne
  • Contes et légendes
  • Eveil de la foi
  • Livres & CD
  • Noël et autres fêtes
  • Litterature et albums
  • Savoir et découverte
  • Musique
  • -->

  • Œcuménisme ou autres religions
  • Contes et légendes
  • Eveil de la foi
  • Livres & CD
  • Noël et autres fêtes
  • Litterature et albums
  • Savoir et découverte
  • Musique
  • -->

  • Saints et Pères de l’Église
  • Contes et légendes
  • Eveil de la foi
  • Livres & CD
  • Noël et autres fêtes
  • Litterature et albums
  • Savoir et découverte
  • Musique
  • -->

  • Théologie
  • Contes et légendes
  • Eveil de la foi
  • Livres & CD
  • Noël et autres fêtes
  • Litterature et albums
  • Savoir et découverte
  • Musique
  • -->

  • L’Église et son histoire
  • Contes et légendes
  • Eveil de la foi
  • Livres & CD
  • Noël et autres fêtes
  • Litterature et albums
  • Savoir et découverte
  • Musique
  • -->

  • Pape et Vatican
  • Contes et légendes
  • Eveil de la foi
  • Livres & CD
  • Noël et autres fêtes
  • Litterature et albums
  • Savoir et découverte
  • Musique
  • -->

    Société

    -->

    Sélection livres

    La venue de l'Esprit dans EVANGILE 1566_9782750902155_jesus-asiatique_124205626645152600

    Jésus asiatique

    Michael Amaladoss

    20,00€

    Ajouter au panier

    1529_9782750902070_ararat-sur-la-piste_123989474834571600 dans EVANGILE

    Ararat : sur la piste de l’arche de Noé

    Edouard Cortès

    18,00€

    Ajouter au panier

    jean-maris-vianney_123624653444786300

    Jean-Marie Vianney, le saint Curé d’Ars

    Sophie de Mullenheim, Adeline Avril

    10,00€

    Ajouter au panier

    la-bible-des-petits-enfants_123618715638714100

    La Bible des petits enfants

    Collectif

    21,00€

    Ajouter au panier

    Plus de livres

    Abonnement

    Retour à la liste

    Les coordonnées que vous indiquez dans cette page ne sont pas conservées et sont à usage unique.

    Ajouter un destinataire

     

    Le commentaire du Père Philippe Le Corre

    La venue de l’Esprit

    • Famille Chrétienne
    • 30/05/2009
    • Par Père Philippe Le Corre
    • 0 commentaire

    Mots clés

    Ce sont deux passages du discours après la Cène de l’Évangile selon saint Jean que la liturgie nous propose en cette fête de Pentecôte. L’ensemble annonce la venue de l’Esprit Saint par Jésus, qui en définit l’origine et le rôle.

    L’Esprit Saint vient de Dieu Père et Fils (cf. Jean 14, 26 et 15, 26) : il est Dieu qui vient se révéler à nous et en nous. Ses noms sont multiples : Défenseur, Esprit de Vérité, Esprit Saint.

    Son rôle est double : d’une part, en tant qu’Esprit de Vérité, achever en nous la plénitude de la révélation apportée par Jésus, et d’autre part, en tant que Défenseur, donner aux croyants la force de témoigner de ce même Jésus mort et ressuscité.

    En effet, Jésus n’affirme pas que l’Esprit Saint soit chargé de nous faire connaître des choses encore cachées. Il a mission, au contraire, de « rendre témoignage » au Christ, c’est-à-dire de nous faire entrer dans une compréhension complète de ce que Jésus a dit et fait : « Il vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai
    dit
    » (Jean 14, 26) ; « Il vous guidera vers la vérité tout entière » (Jean 16, 13).

    Mais si l’Esprit nous fait faire mémoire du Christ Jésus, ce n’est pas pour un retour au passé, mais pour que notre vie soit enracinée en lui et trouve en lui sa perfection. Il n’est pas non plus envoyé pour deviner l’avenir, mais pour permettre aux croyants, en Église et personnellement, de discerner en chaque époque ce qui vient du Christ, c’est-à-dire ce qui est en connexion avec la révélation de Dieu faite en son Fils bien-aimé.

    L’Esprit Saint est celui qui nous permet de cheminer avec le Christ, un peu à la manière des disciples jadis sur les routes de Palestine : avec lui, par lui et en lui, Jésus se fait proche de nous. Il n’y a pas d’autre lien entre Dieu Père et Fils et nous que celui de l’Esprit Saint qui fait en nous sa demeure. L’Esprit appartient au Père comme au Fils : quand il témoigne de Jésus, il exprime la volonté du Père : « Tout ce qui appartient au Père est à moi », déclare Jésus. L’Esprit Saint est témoin intérieur et invincible de l’amour de Dieu.

    Enfin, l’Esprit Saint rend les croyants capables de témoigner du Christ Jésus glorifié par toute leur vie : en acte et en parole. À la fois, il les habilite à ce témoignage, et il leur donne sa force pour témoigner.

    Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15, 26-27 et 16, 12-15

    À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité, qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur. Et vous aussi, vous rendrez témoignage, vous qui êtes avec moi depuis le commencement. J’aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous n’avez pas la force de les porter.
    Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu’il aura entendu, et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce qui appartient au Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître
    . » 

    Père Philippe Le Corre

    http://la-boutique-des-chretiens.com/

    Publié dans EVANGILE | Commentaires fermés

    Protégé : Que cherchez-vous ?

    Posté par religieux le 30 juin 2009

    Cet article est protégé par un mot de passe. Pour le lire, veuillez saisir votre mot de passe ci-dessous :

    Publié dans EVANGILE | Commentaires fermés

     

    UNION DES EVANGELISTES INTE... |
    bornagain |
    وَلْ... |
    Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | EL CORAN WA EL SUNNA
    | alliancewicca
    | bienvrnue dans mon blog