PÈLERINAGE APOSTOLIQUE EN FRANCE

Posté par religieux le 30 juin 2009

PÈLERINAGE APOSTOLIQUE EN FRANCE

HOMÉLIE DU PAPE JEAN-PAUL II

Paray-le-Monial (France)
Dimanche, 5 octobre 1986

 

1. “Je vous donnerai un cœur nouveau . . .” (Ez 36, 26).

Nous nous trouvons en un lieu où ces paroles du prophète Ezéchiel retentissent avec force. Elles ont été confirmées ici par une servante pauvre et cachée du Cœur divin de Notre Seigneur: sainte Marguerite-Marie. Bien des fois, au cours de l’histoire, la vérité de cette promesse a été confirmée par la Révélation, dans l’Eglise, à travers l’expérience des saints, des mystiques, des âmes consacrées à Dieu. Toute l’histoire de la spiritualité chrétienne en témoigne: la vie de l’homme croyant en Dieu, tendu vers l’avenir par l’espérance, appelé à la communion de l’amour, cette vie est celle de l’homme “intérieur”. Elle est illuminée par la vérité admirable du Cœur de Jésus qui s’offre lui-même pour le monde.

Pourquoi la vérité sur le Cœur de Jésus nous a-t-elle été confirmée singulièrement ici, au XVIIe siècle, comme au seuil des temps modernes?

Je suis heureux de méditer ce message en terre de Bourgogne terre de sainteté, marquée par Cîteaux et Cluny, où l’Evangile a modelé la vie et l’œuvre des hommes.

Je suis heureux de redire le message de Dieu riche en miséricorde dans la diocèse d’Autun qui m’accueille. Je salue cordialement Monseigneur Armand le Bourgeois, pasteur de cette Eglise, et son auxiliaire Monseigneur Maurice Gaidon. Je salue les représentants des Autorités civiles, locales et régionales. Je salue tout le peuple de Dieu ici rassemblé, les travailleurs de la terre et ceux de l’industrie, les familles, en particulier les associations qui animent leur vie chrétienne, les associations qui aiment leur vie chrétienne, les séminaristes qui commencent leur marche vers le sacerdoce, les pèlerins du Sacré-Cœur, notamment la Communauté de l’Emmanuel très attachée à ce lieu, ainsi que tous ceux qui viennent ici affermir leur foi, leur esprit de prière et leur sens de l’Eglise, dans les sessions d’été ou d’autres démarches communautaires.

Et je voudrais être proche aussi de toutes les personnes qui, grâce à la télévision, suivent dans leur foyer cette célébration.

2. “Je vous donnerai un cœur”: Dieu nous le dit par le Prophète. Et le sens s’éclaire par le contexte. “Je verserai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés” (Ez 36, 25), Oui, Dieu purifié le cœur humain. Le cœur, créé pour être le foyer de l’amour, est devenu le foyer central du refus de Dieu, du péché de l’homme qui se détourne de Dieu pour s’attacher à toutes sortes d’“idoles”. C’est alors que le cœur est “impur”. Mais quand le même lieu intérieur de l’homme s’ouvre à Dieu, il retrouve la “pureté” de l’image et de la ressemblance imprimées en lui par le Créateur depuis le commencement.

Le cœur, c’est aussi le foyer central de la conversion que Dieu désire de la part de l’homme et pour l’homme, pour entrer dans son intimité, dans son amour. Dieu a créé l’homme pour qu’il ne soit ni indifférent ni froid, mais ouvert à Dieu. Comme elles sont belles les paroles du Prophète: “J’enlèverai votre cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair” (Ez 36, 26)! Le cœur de chair, un cœur qui a une sensibilité humaine et un cour capable de se laisser saisir par le souffle de l’Esprit Saint.

C’est là ce que dit Ezéchiel: “Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau . . . mon esprit” (Ez 36, 26-27).

Frères et Sœurs, que chacun d’entre nous se laisse purifier et convertir par l’Esprit du Seigneur! Que chacun d’entre nous trouve en lui une inspiration pour sa vie, une lumière pour son avenir, une clarté pour purifier ses désirs!

Aujourd’hui, je voudrais annoncer particulièrement aux familles la bonne nouvelle du don admirable: Dieu donne la pureté du cœur, Dieu permet de vivre un amour vrai!

3. Les paroles du prophète préfiguraient la profondeur de l’expérience évangélique. Le salut à venir est déjà présent.

Mais comment l’Esprit viendra-t-il dans le cœur des hommes? Quelle sera la transformation tant désirée par le Dieu d’Israël.

Ce sera l’œuvre de Jésus-Christ: le Fils éternel que Dieu n’a pas épargné, mais qu’il a donné pour nous tous, pour nous donner toute grâce avec lui (cf. Rm 8, 32), pour nous offrir tout avec lui!

Ce sera l’œuvre étonnante de Jésus. Pour qu’elle soit révélée, il faudra attendre jusqu’à la fin, jusqu’à sa mort sur la Croix. Et lorsque le Christ “a remis” son esprit entre les mains du Père (cf. Lc 23, 46), alors se produit cet événement : “Des soldats vinrent . . . ils vinrent à Jésus et voyant qu’il était déjà mort . . . un des soldats avec sa lance lui perça le coté, et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau” (Jn 19, 32-34).

L’événement paraît “ordinaire”. Sur le Golgotha, c’est le dernier geste dans une exécution romaine: la constatation de la mort du condamné. Oui, il est mort, il est réellement mort!

Et dans sa mort, il s’est révélé lui-même jusqu’au bout. Le cœur transpercé est son ultime témoignage. Jean, l’Apôtre qui se tenait au pied de la Croix, l’a compris; au cours des siècles, les disciples du Christ et les maîtres de la foi l’ont compris. Au XVII’ siècle, une religieuse de la Visitation a reçu de nouveau ce témoignage à Parayle-Monial; Marguerite-Marie le transmet à toute l’Eglise au seuil des temps modernes.

Par le Cœur de son Fils, transpercé sur la Croix, le Père nous a donné tout, gratuitement. L’Eglise et le monde reçoivent le Consolateur: l’Esprit Saint. Jésus avait dit: “Si je pars, je vous l’enverrai”, Son cœur transpercé témoigne qu’il “est parti”. Il envoie désormais l’Esprit de vérité. L’eau qui coule de son côté transpercé est le signe de l’Esprit Saint: Jésus avait annoncé à Nicodème la nouvelle naissance “de l’eau et de l’Esprit”. Les paroles du Prophète s’accomplissent: “Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau”.

4. Sainte Marguerite-Marie a connu ce mystère admirable, le mystère bouleversant de l’Amour divin. Elle a connu toute la profondeur des paroles d’Ezéchiel: “Je vous donnerai un cœur”.

Tout au long de sa vie cachée dans le Christ, elle fut marquée par le don de ce Cœur qui s’offre sans limite à tous les cœurs humains. Elle était saisie tout entière par ce mystère divin, comme l’exprime l’admirable prière du psaume de ce jour:

“Bénis le Seigneur, ô mon âme, bénis son nom très saint, tout mon être!”.

“Tout mon être”, c’est dire “tout mon cœur”!

“Bénis mon être”, c’est dire “tout mon cœur”!

Bénis le Seigneur! . . . N’oublie aucun de ses bienfaits! Il pardonne. Il “guérit”. Il “réclame ta vie à la tombe”. Il “te couronne d’amour et de tendresse”.

II est bon et plein d’amour. Lent à la colère. Plein d’amour: d’amour miséricordieux, Lui qui se souvient “de quoi nous sommes pétris”.

Lui. Vraiment lui, le Christ.

5. Toute sa vie, sainte Marguerite-Marie brûlait de la flamme vive de cet amour que le Christ est venu allumer dans l’histoire de l’homme.

Ici, en ce lieu de Paray-le-Monial, comme jadis l’Apôtre Paul, l’humble servante de Dieu semblait crier au monde entier: “Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ?”.

Paul s’adressait à la première génération des chrétiens. Ils savaient ce que sont “la détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, et même la nudité” (dans les arènes, sous les dents des bêtes), ils savaient ce que sont le péril et le glaive!

Au XVIIe siècle, la même question retentit, posée par Marguerite Marie aux chrétiens d’alors, à Paray-le-Monial.

En notre temps, la même question retentit, adressée à chacun de nous. A chacun en particulier, quand il regarde son expérience de la vie familiale.

Qui brise les liens de l’amour? Qui éteint l’amour qui embrase les foyers?

6. Nous le savons, les familles de ce temps connaissent trop souvent l’épreuve et la rupture. Trop de couples se préparent mal au mariage. Trop de couples se désunissent, et ne savent pas garder la fidélité promise, accepter l’autre tel qu’il est, l’aimer malgré ses limites et sa faiblesse. Alors trop d’enfants sont privés de l’appui équilibré qu’ils devraient trouver dans l’harmonie complémentaire de leurs parents.

Et aussi, quelles contradictions à la vérité humaine de l’amour, lorsque l’on refuse de donner la vie de manière responsable, et lorsque l’on en vient à faire mourir l’enfant déjà conçu!

Ce sont là les signes d’une véritable maladie qui atteint les personnes, les couples, les enfants, la société elle-même!

Les conditions économiques, les influence de la société, les incertitudes de l’avenir, sont invoquées pour expliquer les altérations de l’institution familiale. Elles pèsent, certes, et il faut y remédier. Mais cela ne peut justifier que l’on renonce à un bien fondamental, celui de l’unité stable de la famille dans la libre et belle responsabilité de ceux qui engagent leur amour avec l’appui de la fidélité inlassable du Créateur et du Sauveur.

N’a-t-on pas trop souvent réduit l’amour aux vertiges du désir individuel ou à la précarité des sentiments? De ce fait, ne s’est-on pas éloigné du vrai bonheur qui se trouve dans le don de soi sans réserve et dans ce que le Concile appelle “le noble ministère de la vie”? Ne faut-il pas dire clairement que se rechercher soi-même par égoïsme plutôt que chercher le bien de l’autre, cela se nomme le péché? Et c’est offenser le Créateur, source de tout amour, et le Christ Sauveur qui a offert son cœur blessé pour que ses frères retrouvent leur vocation d’êtres qui engagent librement leur amour.

Oui, la question essentielle est toujours la même.

Le danger est toujours le même: que l’homme soit séparé de l’amour!

L’homme déraciné du terrain le plus profond de son existence spirituelle. L’homme condamné à avoir de nouveau un “cœur de pierre”. Privé du “cœur de chair” qui soit capable de réagir avec justesse au bien et au mal. Le cœur sensible à la vérité de l’homme et à la vérité de Dieu. Le cœur capable d’accueillir le souffle de l’Esprit Saint. Le cœur rendu fort par la force de Dieu.

Les problèmes essentiels de l’homme – hier, aujourd’hui et demain – se situent à ce niveau. Celui qui dit “je vous donnerai un cœur” veut mettre dans ce mot tout ce par quoi l’homme “devient plus”.

7. Le témoignage de beaucoup de familles montre assez que les vertus de la fidélité rendent heureux, que la générosité des conjoints l’un pour l’autre et ensemble vis-à-vis de leurs enfants est une vraie source de bonheur. L’effort de maîtrise de soi, le dépassement des limites de chacun, la persévérance aux divers moments de l’existence, tout cela conduit à un épanouissement dont on peut rendre grâce.

Alors il devient possible de porter l’épreuve qui survient, de savoir pardonner une offense, d’accueillir un enfant qui souffre, d’illuminer la vie de l’autre, même faible ou diminué, par la beauté de l’amour.

Aussi voudrais-je demander aux Pasteurs et aux animateurs qui aident les familles à s’orienter, de leur présenter clairement l’appui positif que constitue pour elles l’enseignement moral de l’Eglise. Dans la situation confuse et contradictoire d’aujourd’hui, il faut reprendre l’analyse et les règles de vie qui ont été exposées particulièrement dans l’exhortation apostolique Familiaris Consortio, à la suite du Synode des Evêques, en exprimant l’ensemble de la doctrine du Concile et du Magistère pontifical.

Le Concile Vatican II rappelait que “la loi divine manifeste la pleine signification de l’amour conjugal, elle le protège et le conduit à son achèvement vraiment humain”.

8. Oui, grâce au sacrement du mariage, dans l’Alliance avec la Sagesse divine, dans l’Alliance avec l’amour infini du Cœur du Christ, familles, il vous est donné de développer en chacun de vos membres la richesse de la personne humaine, sa vocation à l’amour de Dieu et hommes.

Sachez accueillir la présence du Cœur du Christ en lui confiant votre foyer. Qu’il inspire votre générosité, votre fidélité au sacrement où votre alliance a été scellée devant Dieu! Et que la charité du Christ vous aide à accueillir et à aider vos frères et sœurs blessés par les ruptures, laissés seuls; votre témoignage fraternel leur fera mieux découvrir que le Seigneur ne cesse d’aimer ceux qui souffrent.

Animés par la foi qui vous a été transmise, sachez éveiller vos enfants au message de l’Evangile et à leur rôle d’artisans de justice et de paix. Donnez-leur d’entrer activement dans la vie de l’Eglise. Ne vous déchargez pas sur d’autres, coopérez avec les Pasteurs et les autres éducateurs dans la formation à la foi, dans les œuvres de solidarité fraternelle, l’animation de la communauté. Dans votre vie de foyer, donnez franchement sa place au Seigneur, priez ensemble. Soyez fidèles à l’écoute de la Parole de Dieu, aux sacrements et d’abord à la communion au Corps du Christ livré pour nous. Participez régulièrement à la messe dominicale, c’est le rassemblement nécessaire des chrétiens en Eglise: là, vous rendez grâce pour votre amour conjugal lié “à la charité du Christ se donnant lui-même sur la Croix”; vous offrez même vos peines avec son Sacrifice sauver; chacun, conscient d’être pécheur, intercède aussi pour ceux de ses frères qui, de bien des manières, s’éloignent de leur vocation et renoncent à accomplir la volonté d’amour du Père; vous recevez de sa miséricorde la purification et la force de pardonner vous-mêmes; vous affermissez votre espérance; vous marquez votre communion fraternelle en la fondant sur la communion eucharistique.

9. Avec Paul de Tarse, avec Marguerite-Marie, nous proclamons la même certitude: ni la mort ni la vie, ni le présent ni l’avenir, ni les puissances, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est en Jésus-Christ.

J’en ai la certitude . . . rien ne pourra jamais . . .!

Aujourd’hui, nous nous trouvons en ce lieu de Paray-le-Monial pour renouveler en nous-mêmes cette certitude: “Je vous donnerai un cœur . . .”.

Devant le Cœur ouvert du Christ, nous cherchons à puiser en lui l’amour vrai dont nos familles ont besoin.

La cellule familiale est fondamentale pour édifier la civilisation de l’amour.

Partout, dans la société, dans nos villages, dans nos quartiers, dans nos usines et nos bureaux, dans nos rencontres entre peuples et races, le “cœur de pierre”, le cœur desséché, doit se changer en “cœur de chair”, ouvert aux frères, ouvert à Dieu. Il y va de la paix. Il y va de la survie de l’humanité. Cela dépasse nos forces. C’est un don de Dieu. Un don de son amour.

Nous avons la certitude de son Amour!

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VOYAGE PASTORAL AU BRÉSIL

Posté par religieux le 30 juin 2009

VOYAGE PASTORAL AU BRÉSIL

HOMÉLIE DU PAPE JEAN-PAUL II

Aparecida (Brésil), 4 juillet 1980

 

Vive la Mère de Dieu conçut sans péché!
Vive la Vierge immaculée Notre Dame d’Aparecida!

1. Depuis que j’ai posé le pied sur la terre du Brésil, partout of: je suis passé, j’ai entendu ce cantique. Dans la naïveté et la simplicité de ces paroles, c’est un cri de l’âme, une salutation, une invocation pleine de dévotion filiale et de confiance envers celle qui, vraie Mère de Dieu, nous a été donnée par son Fils Jésus au dernier moment de sa. vie (cf. Jn 19, 2) pour être notre Mère.

Nulle part ailleurs ce chant n’a autant de sens ni autant d’intensité qu’en ce lieu où la Vierge, il y a plus de deux siècles, a rencontré le peuple brésilien d’une manière singulière. Depuis, c’est vers ce lieu qu’à bon droit le peuple se tourne dans ses angoisses; depuis, c’est ici que bat le cœur catholique du Brésil. But d’incessants pèlerinages venus de tout le pays, c’est ici, comme on l’a dit « la capitale spirituelle du Brésil ».

C’est un moment particulièrement émouvant et heureux que celui-ci où, avec vous qui représentez tout le peuple du Brésil, je rencontre pour la première fois Notre Dame d’Aparecida.

2. Pour me préparer spirituellement à ce pèlerinage à l’Aparecida, j’ai lu avec une religieuse attention le récit simple et enchanteur de l’image que nous vénérons ici. Les efforts inutiles de trois pêcheurs cherchant du poisson dans les eaux du Paraïba en ce lointain 1717. La. découverte inattendue du corps puis de la tête de la petite image de céramique noircie par la boue. La pêche abondante qui suivit cette découverte. Le culte, aussitôt instauré, de Notre Dame de Conception, selon les apparences de cette statue brune, affectueusement appelée « a Aparecida » (« celle qui est apparue »). Les abondantes grâces de Dieu en faveur de ceux qui invoquent ici la Mère de Dieu.

Depuis le brut oratoire primitif — « l’autel de bois » des vieux documents — puis la chapelle qui le remplaça avec différentes adjonctions successives et enfin l’ancienne basilique de 1908, les sanctuaires matériels élevés ici ont toujours été l’œuvre et le symbole de la foi du peuple brésilien et de son amour pour la très sainte Vierge. Puis, on connaît les pèlerinages auxquels prennent part, au cours des siècles, des personnes de toutes classes sociales venant des régions du pays les plus distantes et les plus variées. L’année dernière, il y a eu plus de cinq millions cinq cent mille pèlerins qui sont passés par ici. Que cherchaient les pèlerins d’autrefois? Que cherchent les pèlerins d’aujourd’hui? Cela même qu’ils venaient chercher le jour plus ou moins éloigné de leur baptême: la foi et les moyens de l’alimenter. Ils cherchent les sacrements de l’Eglise, surtout la réconciliation avec Dieu et la nourriture de l’Eucharistie. Et ils repartent revivifiés, pleins de reconnaissance pour Notre Darne, Mère de Dieu et la nôtre.

:3. Les grâces et les bienfaits spirituels se multiplient en ce lieu et en 1904 Notre Dame d’Aparecida est solennellement couronnée. II y a exactement 50 ans, en 1.930, elle est proclamée patronne principale du Brésil. Plus tard, en 1967, il revient à mon vénéré prédécesseur Paul VI de gratifier sanctuaire d’une rose d’or. Il voulait pas ce geste honorer la Vierge en ce lieu saint et stimuler le culte marial.

Venons-en à notre temps. Devant la nécessité d’une Eglise plus vaste et mieux adaptée aux exigences de pèlerins toujours plus nombreux, c’est l’audacieux projet d’une nouvelle basilique. Des années de labeur incessant ont été nécessaires pour la construction de cet imposant édifice. Et aujourd’hui, après de nombreuses difficultés surmontées, voici la splendide réalité que nous contemplons. Les noms de nombreux architectes et ingénieurs resteront liés à cette œuvre ainsi que ceux d’humbles ouvriers, de généreux bienfaiteurs, de prêtres qui se consacrent à ce sanctuaire. Un nom se détache sur tous les autres et les symbolise tous: celui de mon Frère le Cardinal Carlos Carmelo de Vasconcelos Motta, grand animateur de cette nouvelle église, maison maternelle et héritage historique de la Reine Notre Darne d’Aparecida.

4. Je viens donc consacrer cette basilique, témoin de la foi et de la dévotion mariale du peuple brésilien; et je le ferai avec joie et émotion après la. célébration de l’Eucharistie.

Cette église est la demeure du « Seigneur des seigneurs et du Roi des rois » (cf. Ap 17, 14). Dans cette église, comme la reine Esther, la Vierge immaculée qui a conquis le cœur » de Dieu et en qui. le Tout-Puissant fait « de grandes choses » (cf. Est 5, 5; Lc 1, 49) ne cessera d’accueillir de nombreux fils et d’intercéder pour eux: « mon désir est que mon peuple soit épargné » (cf. Est. 7, 3).

Cet édifice marial qui abrite la présence réelle, eucharistique, du Seigneur, et où se réunit la famille des fils de Dieu pour offrir avec le Christ les « sacrifices spirituels » faits de joies et de douleurs, d’espérances et de luttes, est également le symbole d’un autre édifice spirituel dans lai construction duquel nous sommes invités à entrer comme des pierres vivantes (cf. 1 P. 2, 5). Comme disait Saint Augustin: « Ceci est la maison de nos prières mais nous-mêmes nous sommes la. maison de Dieu. Nous sommes construits comme maison de Dieu en ce monde et nous serons solennellement consacrés à la fin des temps. L’édifice ou mieux la construction se fait avec peine; la consécration se fait dans a joie » (cf. St Aug. Sermo 336, 1, 6; PL 38 ed. 1861. 1471-72).

5. Cette église est limage de l’Eglise qui « à l’imitation de la Mère de son Seigneur par la vertu de l’Esprit Saint, conserve virginalement intacte la foi, solide l’espérance, sincère la charité » (Constitution dogm. Lumen Gentium, n. 4).

Dans le texte de l’Apocalypse que nous venons d’entendre dans la seconde lecture, le voyant de Patmos contemple et décrit la. femme qui est la figure de cette Eglise. Au cours des temps, la piété populaire reconnaît aussi Marie, la Mère de Jésus, dans cette femme couronnée de douze étoiles. Du reste, comme le rappelait Saint Ambroise et comme le déclare Lumen Gentium, Marie est elle-même figure de l’Eglise.

Oui, bien-aimés frères et fils, Marie — la mère de Dieu — est un modèle pour l’Eglise et une Mère pour les rachetés. Par son adhésion rapide et inconditionnée à la volonté de Dieu qui lui a été révélée, elle est devenue la Mère du Rédempteur (cf. Lc 1, 32) par une participation intime et toute spéciale à l’histoire du salut. Par les mérites de son Fils elle est l’Immaculée conception, conçue sans le péché originel, préservée de tout péché et pleine de grâce.

Nous sommes appelés à construire l’Eglise en face de la faim de Dieu que l’on perçoit aujourd’hui chez beaucoup d’hommes mais aussi en face du sécularisme qui attire tant de monde, parfois imperceptiblement comme la rosée ou d’autres fois plus violemment comme un cyclone.

6. Le péché enlève à Dieu la place centrale qui lui est due dans l’ histoire des hommes et dans l’histoire personnelle de chaque homme. Ce fut la première tentation: « Vous serez comme Dieu » (cf. Gn 3, 8). Et après le péché originel, en se détachant de Dieu, l’homme se trouve soumis aux tentations, déchiré dans ses choix ente l’Amour « qui vient du Père » et « l’amour qui ne vient pas du Père, mais du monde » (cf.1 Jn 2 15-1) et, pis encore, l’homme s’aliène lui -même en faisant l’option de « la mort de Dieu » qui porte fatalement en soi la mort de l’homme (cf. Jean-Paul II, Message de Pâques de 1980).

En se reconnaissant « servante du Seigneur » (cf. Lc 1, 38) en prononçant son « oui » et en accueillant le mystère du Christ rédempteur « dans son cœur et dans son sein » (cf. St Aug. De Virginitate 6 PL 40, 399), Marie na pas été un instrument simplement passif entre les mains de Dieu, mais elle a coopéré au salut des hommes avec une foi libre et une obéissance parfaite. Sans rien enlever ou diminuer et sans rien ajouter à l’action de Celui qui est l’unique médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ, Marie nous indique les voies du salut, voies qui convergent toutes vers le Christ son Fis et vers son œuvre de rédemption.

Marie nous mène au Christ. comme l’affirme avec précision le Concile Vatican II: « la fonction maternelle de Marie à l’égard des hommes n’obscurcit en aucune façon ni ne diminue l’unique médiation du Christ, mais elle en manifeste l’efficacité (…) et elle n’empêche en aucune façon le contact immédiat des fidèles avec le Christ, elle le facilite au contraire (Const. dogm. Lumen Gentium, 60).

7. Mère de l’Eglise, le très sainte Vierge est présente d’une façon particulière à la vie et à l’action de l’Eglise. C’est justement pour cela que l’Eglise a les yeux constamment tournés vers celle qui, demeurée vierge, a engendré le Verbe fait chair par l’opération du Saint-Esprit. Quelle est la mission de l’Eglise si ce n’est de faire naître le Christ dans le cœur des fidèles (cf. ibidem. n. 65) par l’action. du même Esprit-Saint, par le moyen de l’évangélisation? Ainsi « l’étoile de l’évangélisation » comme l’a appelée mon prédécesseur Paul VI indique et illumine les voies de l’annonce de l’Evangile. Cette annonce du Christ rédempteur dans son message de salut, ne peut être réduit à un simple projet humain de bien-être et de bonheur temporel. Il a certainement des incidences dans l’histoire humaine collective et individuelle, mais il est fondamentalement une annonce de libération du péché par la communion avec Dieu en Jésus-Christ. Mais cette communion avec Dieu ne sépare pas de la communion des hommes entre eux car ceux qui se convertissent au Christ, auteur du salut et principe d’unité sont appelés à s’unir dans l’Eglise, sacrement visible de cette unité salvifique (cf. ibidem, n. 9).

C’est pourquoi nous formons tous la génération actuelle des disciples du Christ dans une totale adhésion à une tradition ancienne et dans un plein respect et un amour entier pour les membres de toutes les communautés chrétiennes, nous désirons nous unir à Marie et nous y sommes poussés par un profond besoin de foi, d’espérance et de charité (cf. Jean-Paul II, Redemptor hominis, n. 22). Disciples de Jésus-Christ en ce montent crucial de l’histoire humaine, en plein accord avec la. tradition ininterrompue et avec le sentiment constant de l’Eglise, intimement poussés pas’ un impératif de foi, d’espérance et de charité, nous désirons nous unir à Marie. Et nous voulons le faire en empruntant les expressions de la piété mariale de l’Église de tous les temps.

8. L’amour et la. dévotion à Marie, éléments fondamentaux de la culture de l’Amérique latine (idem, Homélie à Zapopan, Mexique AAS 71, 1979, 228; Document de Puebla n. 283) sont un des traits caractéristiques de la religiosité du peuple brésilien. Je suis certain que les pasteurs de l’Eglise sauront respecter ce trait particulier, le cultiver et l’aider à trouver une meilleure expression afin de réaliser le dicton: aller « à Jésus par Marie ». Pour cela il ne sera pas inutile de se rappeler que la dévotion à la Mère de Dieu a une âme, quelque chose d’essentiel qui s’incarne dans de multiples formes extérieures. Ce qu’elle a d’essentiel est stable et inaltérable, et demeure un élément intrinsèque du culte chrétien. S’il est bien compris et correctement réalisé, il constitue dans l’Eglise, comme le soulignait mon prédécesseur Paul VI, un excellent témoignage de sa norme d’action (lex orandi) et une invitation a. raviver dans les consciences sa norme de foi (lex credendi). Les formes extérieures sont, par leur nature sujettes à l’usure du temps et, comme le déclarait le même regretté Paul VI, elles ont besoin d’être constamment renouvelées et réactualisées, mais, cependant, dans un plein respect de la tradition (Exhort. apost. Marialis cultus, n. 24).

9. Et vous, dévots de Notre Dame et pèlerins de l’Aparecida, ici présents ou qui nous accompagnez à la radio ou la télévision: conservez jalousement à l’égard de la Vierge ce tendre et confiant amour qui vous caractérise. Ne le laissez jamais s’attiédir! Que ce ne soit pas un amour abstrait, mais un amour incarné. Soyez fidèles à ces exercices de piété mariale, traditionnels dans l’Eglise: la récitation de l’Angélus, le mois de Marie et, d’une manière toute spéciale, le rosaire. Puisse renaître la belle habitude, autrefois si répandue, aujourd’hui encore vivante dans certaines familles brésiliennes — de la récitation du chapelet en famille.

Je sais que, récemment, dans un incident lamentable, la petite image de Notre Dame d’Aparecida s’est brisée. On m’a dit que au milieu de mille fragments on a retrouvées intactes les deux mains de la Vierge jointes pour la prière. Ce fait est une sorte de symbole: les mains jointes de Marie au milieu des ruines sont une invitation à ses fils à donner un espace à la prière dans leur vie, un espace à l’absolu de Dieu sans lequel tout le reste perd son sens, sa valeur et son efficacité. Le vrai fils de Marie est un chrétien qui prie.

La dévotion à Marie est la source d’une vie chrétienne profonde, elle est source d’engagement à l’égard de Dieu et l’égard des frères. Restez à l’école de Marie, écoutez sa voix, suivez ses exemples. Comme nous l’ avons entendu dans l’Evangile, elle nous oriente vers Jésus: « Faites ce qu’il vous dira » (Jn 2, 6). Comme elle l’a fait un jour à Cana en Galilée elle présente à son Fils les difficultés des hommes et elle obtient de lui les grâces qu’ils désirent. Prions avec Marie et par Marie: elle est toujours la « Mère de Dieu et notre mère ».

Notre Dame d’Aparecida, un de vos fils / qui vous appartient sans réserve — totus tuus! — / appelé par le mystérieux dessein de la Providence / à être le vicaire de votre Fils sur la terre / veut s’adresser à vous en ce moment.

II se rappelle avec émotion / dans la couleur brune de votre image / une autre de ces images / la Vierge noire de Jasna Gora!

Mère de Dieu et notre mère / protégez l’Eglise, le pape, les évêques, les prêtres / et tout le peuple fidèle; / accueillez sous votre manteau protecteur / les religieux, les religieuses, les familles, / les enfants, les jeunes et leurs éducateurs/

Salut des infirmes et consolatrice des affligés, / réconfortez ceux qui souffrent dans leur corps et dans leur âme / soyez la lumière de ceux qui cherchent le Christ, rédempteur de l’homme / à tous les hommes montrez que vous êtes la. mère de notre confiance.

Reine de la paix et miroir de la justice, / obtenez la paix au monde, / faites que le Brésil vive dans une paix durable / que les hommes vivent toujours ensemble comme des frères, / comme des fils de Dieu!

Notre Dame d’Aparecida, / bénissez ce sanctuaire qui est vôtre et ceux qui y travaillent / bénissez ce peuple qui y prie et y chante / bénissez tous vos fils / bénissez le Brésil.. Amen.

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HOMÉLIE DU PAPE JEAN-PAUL II

Posté par religieux le 30 juin 2009

MESSE POUR LES PARTICIPANTS À LA 3ème ASSEMBLÉE PLÉNIÈRE
DU CONSEIL PONTIFICAL POUR LES LAÏCS 

HOMÉLIE DU PAPE JEAN-PAUL II

Chapelle Matilde
10 Octobre 1979

 

Chers Frères et Sœurs,

IL EST FACILE D’ÉVOQUER la vie du cher Monseigneur Marcel Uylenbroeck en écoutant les lectures de l’Ecriture Sainte: Dieu l’a mis à l’épreuve, au cours d’une maladie inexorable, qui l’a atteint dans la pleine force de l’âge et au moment où il accomplissait pour l’Eglise un service important et apprécié; il a accepté cette épreuve, dans la foi; il l’a même offerte pour l’Eglise. Le Christ, le maître de maison, l’a trouvé alors qu’il tenait sa lampe allumée, la lampe de la charité et de l’espérance. Dieu a accepté son holocauste. Dans la vie, comme dans la mort, dit saint Paul, nous appartenons au Seigneur.

Sa vie, Monseigneur Uylenbroeck l’avait, vous le savez, consacrée au Seigneur, avec un souci particulier de l’évangélisation. Très tôt, il participa, comme laïc, à l’apostolat des jeunes du monde ouvrier, dans la JOC belge; puis, comme prêtre, aumônier national puis international de ce mouvement. Quand Paul VI le nomma Secrétaire du Conseil des Laïcs voici dix ans, il y apportait donc une expérience très utile pour comprendre la vie des laïcs et leur apostolat organisé. Et c’est là que beaucoup d’entre vous, que moi-même, nous l’avons vu à l’œuvre. Il savait y accueillir avec bienveillance les activités multiformes des associations de laïcs, comme autant de fruits de la vie chrétienne où l’Esprit Saint a sa part. Il aidait les responsables à réfléchir, à confronter leur action avec celle des autres dans l’Eglise universelle, avec les orientations du Saint-Siège, à en approfondir les mobiles; en même temps, il contribuait au service du Pape. Autant de tâches qui sont l’honneur et le devoir du Conseil pontifical pour les Laïcs.

Et en marge de ce travail, il continuait à s’intéresser, à Rome même, et en dehors, aux jeunes de tout milieu, consacrant son temps et ses forces apostoliques, dans ses contacts ou dans sa correspondance, à les réconforter, à les éclairer, à les entraîner sur une voie meilleure, en s’inspirant de l’Evangile.

Avec tous ceux qui en ont bénéficié, nous allons offrir ce labeur, en demandant au Seigneur de récompenser ce bon serviteur, et de lui accorder sa lumière, sa paix, sa joie, dans la vie éternelle.

Ce travail, vous l’avez poursuivi d’une façon particulière tout au long de cette Assemblée générale. Ce n’est pas le lieu de développer ce propos, mais, d’un mot, je tiens à remercier et encourager vivement les membres et les consulteurs du Conseil, dont certains sont venus de loin, ainsi que toutes les personnes qui prêtent quotidiennement leur concours à l’activité de ce Dicastère. J’ai moi-même participé comme membre du Conseil – ce temps n’est pas si loin – à un tel travail de confrontation et de réflexion. Comme Pape, je compte sur votre apport pour éclairer, soutenir, harmoniser le dynamisme des laïcs, à travers le monde entier, et pour m’apporter, à moi-même et au Saint-Siège, vos informations et vos suggestions, et en particulier celles de votre Assemblée.

Les paroisses demeurent les lieux privilégiés où les laïcs de tout milieu et de toute association peuvent se réunir pour célébrer l’Eucharistie, notamment le culte dominical, pour la prière, pour l’animation catéchétique, etc. Mais il importe aussi qu’existent, en liaison avec elles, d’autres relais, d’autres centres, à une échelle plus vaste ou au contraire plus réduite, afin de pourvoir aux besoins spécialisés du peuple de Dieu en matière d’éducation, de catéchèse, d’assistance, d’aide sanitaire, de promotion sociale, etc. Ils permettent une participation plus directe du laïcat et une action plus adaptée. C’était précisément le thème de votre Assemblée: la formation de telles communautés locales à la base; il s’agit de les encourager, tout en garantissant leur authenticité évangélique et leur qualité ecclésiale. C’est très important pour la vitalité de l’Eglise, pour son insertion et son témoignage dans le monde contemporain.

Il était opportun aussi de revoir les critères des organisations internationales catholiques, et le statut de leurs assistants ecclésiastiques, car le rôle du laïc, le rôle du prêtre, le lien avec l’Eglise et le Magistère doivent être bien définis.

Les femmes en particulier doivent trouver exactement le rôle qui leur revient dans l’Eglise et faire bénéficier celle-ci de toutes leurs ressources de foi et de charité.

N’oublions pas non plus que le prochain Synode attire déjà l’attention de toute l’Eglise sur un apostolat irremplaçable: celui de la famille.

Pour vous, contribuez a faire que toute cette action de laïcs soit inspirée par la foi – c’est dire l’importance de la révision de vie avec l’Evangile, et de la prière; qu’elle soit inspirée par la fidélité à l’Eglise, par le souci, non pas d’uniformité, mais d’unité, de communion; qu’elle soit inspirée surtout par l’espérance.

De nombreux signes – j’en ai été témoin en Irlande et aux Etats-Unis – manifestent aujourd’hui les ressources merveilleuses de foi et de dynamisme chrétien qui sont au cœur de nos contemporains, spécialement des jeunes. Et même lorsque ces signes sont moins évidents – nous devons travailler dans la foi et la patience – nous savons du moins que Dieu est fidèle à ses promesses et qu’il fera porter du fruit à ceux qui prennent le risque de bâtir leur vie sur le roc de l’Evangile. Courage! Son Esprit ne manque point à ceux qui le prient, avec la Vierge de la Pentecôte, et qui font, comme elle, tout ce que le Seigneur leur dira. En vous bénissant de tout cœur, je prie Dieu de fortifier votre espérance. Et qu’il donne le bonheur éternel à celui qui nous a précédés dans la Maison du Père, à notre ami, Monseigneur Marcel Uylenbroeck.

Amen.

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